Le Japon évanescent d’Eric Pillault

Le photographe saisit dans sa série “Cache-Cache” des instants de flottement dans le quotidien des Japonais.

21.05.2021

TexteRebecca Zissmann

“Cache-Cache”, Eric Pillault

Sur les images, des silhouettes capturées à la volée, comme épiées, insaisissables. Eric Pillault réussit avec sa série Cache-Cache à donner au public l’impression d’être au Japon sans y être véritablement. Un reflet de sa propre expérience, faite d’allers-retours dans l’archipel depuis une quinzaine d’années. « Plus j’y vais, moins je comprends. Moins je comprends et mieux j’aime », résume le photographe.

Eric Pillault est un directeur artistique français qui a collaboré avec de prestigieuses publications, de M Le magazine du Monde à GQ, et prête actuellement ses talents aux éditions Les Arènes. Il s’est rendu à de nombreuses reprises au Japon où il a pu rencontrer des photographes locaux tels que Nobuyoshi Araki ou Takashi Homma. Il envisage sa pratique de la photographie comme celle d’un art graphique.

 

Capter l’air du temps 

« Je dois être en train de flotter quand je vais au Japon », décrit-il. « Je prends en photo les moments que je suis en train de vivre. Je me laisse porter, sans objectif ». Eric Pillault ne se déplace jamais dans le pays sans un appareil photo. Que ce soit un Olympus Mju ou un Minolta CLE.

Un équipement discret qui lui permet de prendre des photographies furtives. Le rendu est très naturel et donne la sensation d’être un Japonais parmi les Japonais, émerveillé par la poésie du quotidien. Pour ceux qui ont déjà visité le pays, ces clichés ravivent des souvenirs et sensations comme le silence épais et l’attente immobile dans les transports en commun. Les sujets y sont rarement saisis frontalement, mais plutôt de dos ou à distance, parfois capturés au travers de vitres ou de voiles. Un acte délibéré du photographe.

« J’ai une sorte de pudeur ou de respect par rapport aux sujets », explique Eric Pillault. « Je sais qu’ils ne disent jamais rien quand on les prend en photo. De toute façon, il me voient et ils le savent. »

Certains personnages de Cache-Cache semblent se prendre au jeu de la pose devant l’objectif. Ce sont les corbeaux, omniprésents au Japon, et qui ont marqué les voyages du photographe depuis son premier séjour. « Il y en a partout et ils sont malins », raconte-t-il. « Il y a toujours un moment donné où il y en a un qui croasse dans un coin. Et je m’arrête pour le photographier ». Une obsession partagée avec un monument de la photographie japonaise, Masahisa Fukase, dont on retrouve beaucoup de la série Ravens dans les clichés d’Eric Pillault.

Ce dernier s’est lancé dans un travail d’inventaire de sa collection de photographies du Japon qu’il compte bien éditer un jour. En attendant, certains de ses clichés illustrent les thés raffinés de la maison Maboroshi avec laquelle Eric Pillault s’est associé.

 

Le travail d’Eric Pillault est à retrouver sur son compte Instagram dédié à ses photographies du Japon.

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault

“Cache-Cache”, Eric Pillault